Introduction De Dissertation Sur Boule De Suif

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Maupassant

Sujets classés » Maupassant (1850-1893)

Guy de Maupassant

Bel-Ami✎ texte

  • Bel-Ami de Maupassant - Date de publication
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  • Maupassant, Bel-Ami - Un roman naturaliste ou réaliste ?
  • Maupassant, Bel-Ami : un roman d'apprentissage ?
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  • Maupassant, Bel-Ami, I, 1 - C'était une de ces soirées d'été où l'air manque dans Paris...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, 1 - Et, tournant à gauche, ils pénétrèrent dans une espèce de jardin couvert...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, 2 - Et il jeta le nom derrière une porte soulevée...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, 5 - Les huîtres d’Ostende furent apportées...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, 6 - M. Walter, qui l’appréciait cependant...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 1 - Il se dit :« Il faut que je gagne dix heures et je prendrai mon bock...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 2 - Et Georges Duroy monta l'escalier...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 2 - Il montait lentement les marches, le cœur battant...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 2 - Mais voilà qu'en s'apercevant brusquement dans la glace...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 3 - Quand Georges Duroy se retrouva dans la rue...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 6 - C’est par eux qu’on lance les nouvelles, qu’on fait courir les bruits...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 6 - La Vie Française était avant tout un journal d’argent...
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 7
  • Maupassant, Bel-Ami, I, chapitre 8 - Il détourna les yeux pour ne plus regarder le cadavre...
  • Maupassant, Bel-Ami, II, 1 - Mais quand il se remit en marche, Duroy aperçut soudain...
  • Maupassant, Bel-Ami, II, 2 - Tu ne sais pas, nous avons à travailler, ce soir...
  • Maupassant, Bel-Ami, II, 7 - Au milieu d’un bosquet de plantes singulières...
  • Maupassant, Bel-Ami, II, chapitre 1 - Madeleine, fatiguée, s’était assoupie sous la caresse pénétrante du soleil...
  • Maupassant, Bel-Ami, II, chapitre 10 - Maintenant Georges était agenouillé à côté de sa femme...
  • Maupassant, Bel-Ami, II, chapitre 8 - Il se tut. Les poissons à qui on ne jetait plus de pain...
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  • Pensez-vous que Bel-ami soit un roman, c’est-à-dire une œuvre issue d'une "conception personnelle de l'art" ?
  • Peut-on qualifier Bel-Ami de Maupassant de roman manichéen ?
  • Statistiques et occurrences dans "Bel-ami" de Maupassant
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Boule de suif✎ texte

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Une vie✎ texte

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  • Maupassant, Une vie, chapitre 10 - Ils criaient là-dedans, heurtant la cloison du poing...
  • Maupassant, Une vie, chapitre 14 - Et parfois encore elle oubliait un moment qu’elle était vieille...
  • Maupassant, Une vie, chapitre 9 - Jeanne, un après-midi, prit Paul en ses bras...
  • Maupassant, Une vie, chapitre 9 - Sa femme aussitôt l’appela...
  • Maupassant, Une vie, chapitre 9 - Un calme brûlant et souverain descendait du soleil...
  • Maupassant, Une vie, VIII - Elle se tendit dans un effort suprême pour rejeter...
  • Origine d'un extrait d'Une vie de Maupassant
  • Une vie de Maupassant

Guy de Maupassant, Boule de Suif : A. Introduction : : Boule de Suif est une nouvelle realiste de Guy de Maupassant parue en 1880. Cette nouvelle : raconte l’anecdote sordide arrivee a Boule de Suif durant la guerre de 1870. Les themes : principaux sont la nourriture, l’argent et la guerre de 1870 qui a beaucoup marquee : Maupassant. : Il est interessant d’etudier cette nouvelle car Maupassant y montre l’hypocrisie de la haute : societe et du clerge. Nous allons voir dans le developpement que Boule de Suif, une prostituee, : apparait bien plus respectable que les « honnetes » bourgeois et qu’elle nous inspire la compassion. Dans cette nouvelle, Maupassant denonce la monstruosite des etres humains. : : : B. Le developpement : : 1. Presentation de l’auteur : : Guy de Maupassant, ecrivain realiste francais (chateau de Miosmenil, Seine Maritime : 1850-Paris 1893). Apres une enfance libre et heureuse en Normandie, il assiste a la debacle de : 1870, puis accepta un emploi de fonctionnaire a Paris. Parallelement a une vie sportive et : joyeuse (les parties de canotage de Mouche), il fit son « apprentissage » litteraire sous la : direction de Flaubert, ami de la famille, qui lui imposa les exigences de l’esthetique.

Il publia : Boule de Suif (1880) qui le fit connaitre. On trouve deja la une thematique recurrente dans ses : nouvelles qui est la monstruosite des etres humains. Ces recueils evoquent tour a tour la : Normandie, le cynisme des milieux parisiens, la cruaute des etres humains et la guerre de 1870 : qui la beaucoup marquee. A partir de 1881, sa sante se degrade et il commence a delirer. Il est : interne a la clinique de Passy ou il y meurt en 1893 en laissant de nombreuses nouvelles et : quelques romans. : : :

2. Resume : : L’action se deroule en Normandie pendant l’hiver de la guerre de 1870-71.

Dix personnes : fuient en diligence Rouen qui est occupee par les Prussiens. Parmi ces gens, se trouvent une : prostituee surnommee Boule de Suif. Elle est au debut meprise par les autres voyageurs, qui : comportent des bourgeois et deux bonnes s? urs. Mais quand la faim les pousse a manger les : provisions qu’elle seule a penser a emporter, ils deviennent plus courtois avec elle. Arrives dans : la ville de Totes, un officier allemand les oblige a rester dans l’auberge jusqu’a ce que Boule de : Suif cede a ses avances. La plupart des voyageurs se concertent pour pousser Boule de Suif a : l’acte.

Elle finit par se sacrifier et ils peuvent enfin repartir. Au retour dans la diligence, les : voyageurs meprisent Boule de Suif pour ce qu’elle a fait et ils la laissent pleurer seule dans son : coin. : : :

3. La structure de l’? uvre et ce qui en decoule : : Dans Boule de Suif, le narrateur utilise la focalisation zero. :

a)Le schema narratif : Situation initiale : : -occupation allemande : -la diligence arrive a Totes : : : Elements perturbateurs : : -diligence bloquee par le Prussien : -refus de Boule de Suif : : : Dynamique d’actions : : -attente : -l’argumentation pour la « conspiration » : -evolution des personnages : : Resolution : : -decision de Boule de Suif a ceder au desir du Prussien : : : Situation finale : : -Depart de la diligence. : -Boule de Suif est humiliee et pathetique : : :

b)Etude du mouvement : : -p. 9 a 13 : L’invasion des Prussiens a Rouen. : -p. 13 (« on partit …») a 22 : La 1ere journee en diligence : les voyageurs font connaissance. : -p. 22 (« des petits points… ») a p. 26 : La premiere nuit a l’auberge. : -p. 26 (« Comme on avait decider… ») a 29 : L’officier allemand refuse de laisser repartir les : voyageurs. : -p. 29 (« L’apres-midi ») a p. 30 : Les voyageurs apprennent la cause du refus de l’officier. -p. 30 (« on se leva ») a p. 36 : Troisieme jour a l’auberge : debut de la conspiration. : -p. 36 (« le dejeuner fut tranquille ») a p. 39 : Quatrieme journee : Boule de Suif cede. : -p. 39 (« le lendemain ») a la fin : Cinquieme jour : depart de l’auberge et humiliation de Boule de : Suif. : : :

c)La vitesse de narration : : Les scenes (passages ou la duree des evenements correspond a la duree de leur representation) : dialoguees sont nombreuses dans Boule de Suif mais ne durent jamais trop longtemps. L’un des : dialogues les plus significatifs est celui entre le comte et l’officier prussien (p. 9) : la froideur et le : laconisme de ce dernier soulignent le caractere bloque de la situation. : Les sommaires sont en majorite les passages ou les voyageurs conspirent entre eux pour amener : Boule de Suif a ceder au chantage du prussien et ceux qui evoquent les conversation a table. : Lors du diner du troisieme jour au cours duquel la comtesse parvient a faire intervenir la : religieuse de maniere decisive, Maupassant mele la technique du sommaire a celle de la scene. : En effet, tantot il rapporte au style direct les paroles de la religieuse, tantot il resume au style indirect les principaux arguments avances par les interlocuteurs.

La generation de la ronde

Cela permet a Maupassant de : tirer le meilleur parti des deux techniques : avec la scene, il met en valeur l’impact dramatique de : tel ou tel argument ; avec le sommaire, le narrateur prend ses distances par rapport aux : arguments et peut les presenter ironiquement en faisant ressortit l’hypocrisie des voyageurs. : Ce sont surtout les nuits qui donnent lieu a des ellipses. Dans Boule de Suif, la nuit est une : periode d’evolution psychologique comme l’affirme le dicton « la nuit porte conseil ». On le voit tres clairement dans ce passage : « Aussitot le repas termine, on remonta bien vite dans les : chambres pour ne descendre que le lendemain, qu’assez tard dans la matinee. Le dejeuner fut : tranquille. On donnait a la graine semee la veille le temps de germer et de pousser ses fruits. » : (p. 36). : Il apparait donc que la nouvelle ne comporte pas vraiment de temps morts. Meme les ellipses : font avancer l’intrigue sur le plan psychologique. :

d)Linearite de l’intrigue : : Dans cette nouvelle, l’auteur ne transforme pas l’ordre des evenements, ne fait pas de prolepse. La narration suit l’ordre chronologique des faits. Il y a juste deux analepce, quand Boule de Suif : raconte la cause de sa fuite et lorsque Loiseau dit qu’il a surpris, deux nuits auparavant, Boule : de Suif et Cornudet dans le corridor. Mais ces deux exemples proviennent de la parole des : personnages, alors Maupassant n’effectue jamais directement de retour en arriere dans cette : nouvelle. : e)Symetrie et repetitions : : Maupassant utilise les effets de symetrie et de repetition dans cette nouvelle. Par exemple, le : trajet en diligence a la fin rappelle celui du debut. Mais il y a une difference majeure.

Au debut, : c’est Boule de Suif partage ses provisions avec les autres voyageurs, mais a la fin, celle-ci a : oublie d’en amener et les autres voyageurs ne lui en donne meme pas une miette. Le parallelisme : de ces deux scenes produit un contraste choquant qui revele la bassesse et l’ingratitude de la « : bonne » societe. : D’une part, Maupassant utilise ce procede car c’est une nouvelle realiste et la vie quotidienne : est une repetition d’action. D’autre part, ces effets de repetition montrent que Maupassant a une : vision pessimiste de la societe. : : :

4. Les personnages principaux : Les personnages de Boule de Suif representent toute la societe francaise. Il est clair que : Maupassant a voulu montrer les diverses classes sociales et un riche eventail de types humains. : Nous allons voir que les personnages sont associes en couple (Boule de Suif-Cornudet, les : couples maries et le couple de religieuse). : a)Boule de Suif : : Identite : Tout le long de la nouvelle, elle est nommee par son surnom « Boule de Suif » qui fait : allusion a son physique rond et gras : « suif » signifie graisse. Il faut attendre plusieurs pages : (p. 23) avant d’apprendre son vrai nom qui est Elisabeth Rousset.

Ce simple detail indique : qu’elle n’a pas sa place parmi la societe « honnete » car le nom est une marque de respect. Le : sien n’est prononce que trois fois au cours de l’histoire, et en plus dans un contexte : deshonorant, puisque c’est lorsqu’on lui demande si elle accepte de ceder au desir de l’officier. : Boule de Suif n’est pas qu’une prostituee de bas etage car elle a une maison a Rouen et une : domestique. Elle est plutot une « demi-mondaine » car ses clients devaient etre des bourgeois. : Elle vit donc de cet ordre social et de ses vices prives. : Elle doit fuir Rouen a cause de l’arrive des Prussiens. : :

Portrait physique : Elle est petite, ronde de partout, grasse a lard, avec des doigts bouffis, : etrangles aux phalanges, pareils a des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et : tendue, une gorge enorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appetissante et courue, : tant sa fraicheur faisait plaisir a voir. Sa figure etait une pomme pivoine pret a fleurir, et : la-dedans s’ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombrages de grands cils epais qui : mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, etroite, humide pour le baiser, meublee de quenottes luisantes et microscopiques (p. 16). : : : Portrait morale : Maupassant ne la presente pas comme tout a fait stupide, elle est plutot naive et : inconsciente jusqu’a la derniere scene de la malveillance fondamentale des autres voyageurs. : Mais cette naivete est la consequence de sa nature genereuse, qui la pousse a faire confiance : aux autres, et a vouloir les aider. On le voit bien lors du premier jour de voyage, lorsqu’elle offre : toutes ses provisions a ses compagnons. Ce sacrifice n’est pas superflu pour elle : tout, dans son : physique, indique une extreme gourmandise.

Lorsqu’elle cede finalement a l’officier, c’est pour : satisfaire les autres voyageurs. On sent qu’elle aurait resiste jusqu’au bout si elle avait ete seule. : Le prussien, qui « connait bien la nature humaine » (p. 32), l’a bien compris, et c’est pour cela : qu’il retient tous les voyageurs. Il compte sur ces etres faibles et laches pour faire flechir la : genereuse et patriote fille corrompue. : Boule de Suif a un respect sincere pour la patrie, l’Eglise et le trone qui devraient normalement : representer cette societe « honnete » qui la meprise. Son patriotisme est tout a fait spontane.

Elle : doit fuir Rouen car elle a agresse physiquement un militaire prussien qui etait venu requisitionner : son domicile. Cet acte montre son amour pour la France et sa haine contre l’ennemi. Cette haine : de l’occupant s’exprime aussi par une agression verbale : elle demande a l’aubergiste de : transmettre son refus formel a « cette crapule, a ce saligaud, a cette charogne de Prussien » : (p. 30). Elle manifeste egalement ses pudeurs patriotiques de maniere symbolique. Lorsque : Cornudet lui demande ses faveurs, elle refuse, non parce qu’il lui deplait, mais a cause de la presence de l’Allemand. Enfin, lorsque l’officier fait descendre les voyageurs de la diligence, : c’est elle qui descend la derniere, voulant par ce geste defier ce militaire impertinent. : Le paradoxe le plus amusant de Boule de Suif est son respect religieux. Dans la diligence, elle : propose de la nourriture aux deux religieuses d’une voix « humble et douce » (p. 19). Ce sont : egalement les arguments de la religieuse, habillement sollicites par Mme de Breville, qui semblent : finalement faire ceder Boule de Suif. Enfin, elle se rend a l’eglise et explique a ses compagnons que « c’est si bon de prier quelquefois » (p. 34).

Sa piete apparait donc sincere. Elle contraste : avec les prieres mecaniques des religieuses et la religiosite hypocrite de la comtesse, qui n’hesite : pas a abuser de la religion pour pousser Boule de Suif dans les bras du prussien. : En politique, Boule de Suif est bonapartiste. Elle s’emporte violemment quand Cornudet attribue : les malheurs de la France a « cette crapule de Badinguet » (p. 21). Elle exprime son mepris « les : polissons comme vous ». « Vous » s’adresse a Cornudet et aux personnes qui ont trahi : l’empereur : les republicains. Son conservatisme social parait invraisemblable car il est rejete et marginalise par l’ordre social : meme qu’elle admire et respecte. A la fin de la nouvelle, elle se retrouve completement a l’ecart : des autres voyageurs apres avoir obtenu leur liberation en cedant a l’officier. Ces etres : hypocrites et ingrats, qui « l’avaient sacrifiee d’abord, rejetee ensuite » (p. 40), ne lui offre meme : pas a manger. Le dernier mot de la nouvelle est « tenebres ». Au premier degre, il s’agit bien sur : de la nuit qui est tombee, mais symboliquement, ces tenebres traduisent la tristesse et la solitude : de cette victime. : :

Role : Boule de Suif est le personnage principal. Cette prostituee permet aux autres voyageurs : de quitter Totes. Boule de Suif symbolise la resistance contre l’occupant. : : :

Conclusion : Son personnage est construit sur une apparence contradictoire entre sa vie de : prostituee et son attachement au patriotisme, a l’Eglise et a l’empereur. C’est une victime qui : nous inspire la pitie et la compassion. Cette fille corrompue parait bien plus honnete que les : bourgeois de la societe dite « honnete ». : b)Cornudet : : Identite : Cornudet est essentiellement defini par ses opinions politiques. C’est un democrate, ennemi du regime imperial et de la bourgeoisie qui s’y est ralliee, d’ou son surnom « Cornudet le : democ » (p. 15). A priori, il apparait plus sympathique que les autres personnages et le fait qu’il : soit lui aussi marginal le rapproche de Boule de Suif. D’ailleurs, celle-ci s’appelle Elisabeth : Rousset et Maupassant a dote Cornudet d’une barbe rousse. L’auteur veut peut-etre ainsi : symboliser le rapprochement entre ces deux personnages. Mais en definitive, Cornudet est un : faible qui trahit egalement Boule de Suif. : : : Portrait morale : Maupassant insiste sur le cote vain et ridicule de Cornudet. Il est deteste la bourgeoisie, alors qu’il est lui-meme un fils de bourgeois, qui a herite d’ « une assez belle fortune : ».

Ses actes revolutionnaires se resultent surtout a de grands discours et sa bravoure devant : l’ennemi est assez superficielle. Il s’est contente des pieges et dresser des barricades, pour : s’enfuir comme les autres des que les Prussiens arrivent. : A la fin de la nouvelle, au lieu de defendre Boule de Suif et d’affronter directement les bourgeois : qui la laissent pleurer dans son coin, il se contente de les narguer en chantant La Marseillaise. Ce : chant exprime un patriotisme revolutionnaire. D’une part es fiers couplets font honte aux : bourgeois de leur lachete, et d’autre part, ils leur lancent un defi d’extreme gauche. Mais ce defi : ne satisfait que l’amour-propre de Cornudet car il ne fait rien pour changer la situation de Boule : de Suif. La vanite de son patriotisme se remarque lorsqu’il considere celui de Boule de Suif d’un : air fier et un peu dedaigneux. Lorsque Maupassant dit « Les democrates a longue barbe ont le : monopole du patriotisme comme les hommes en soutane ont celui de la religion » (p. 21), il veut : montrer que la foi republicaine de Cornudet est aussi hypocrite et presomptueuse que la foi religieuse du clerge. : Cornudet montre peu de solidarite envers Boule de Suif sans doute parce qu’elle a refuse ses : avances. Celle-ci, en effet lui refuse l’entree de sa chambre par « pudeur patriotique ». : Autrement dit, la femme « facile » ne veut pas se prostituer en presence de l’occupant prussien. : Lorsque Cornudet declare aux voyageurs qu’ils ont commis une « infamie » en poussant Boule : de Suif dans les bras de l’Allemand, Loiseau comprend qu’en fait Cornudet est jaloux. Meme si : c’est le jugement d’un personnage vulgaire et meprisable, il ne manque pas d’une certaine : vraisemblance.

Malgre son sentiment de superiorite morale, Cornudet est certainement aussi : egoiste que les bourgeois qu’il hait. : : : Role : C’est un revolutionnaire patriotique qui ne fait rien pour defendre Boule de Suif car il est : lache. : : : Conclusion : Cornudet est un revolutionnaire patriotique qui deteste la bourgeoisie, mais il : n’aide pas Boule de Suif a cause de sa lachete et de sa jalousie : c)Les couples de la « bonne » societe : : Nous allons voir les couples qui forment la « bonne » societe par ordre croissant de niveau : social. Nous allons commencer par le moins raffine de ces menages, les Loiseau. : Les Loiseau : : Identite de M. Loiseau : Contrairement a M. Carre-Lamandon qui est un grand bourgeois dans : l’ame, Loiseau est un homme du peuple, sans dignite ni education. C’est seulement sa reussite : financiere qui l’a range du cote des bourgeois, il n’est en fait qu’un « parvenu ». : : : Portrait morale de M. Loiseau : On voit lors du diner final, son gout pour les plaisanteries : sexuelles. Cela revele sa nature vulgaire. On remarque aussi qu’il ne sait pas se tenir, il est le : premier a crier famine dans la diligence. C’est le seul moment de la nouvelle ou il se montre : amical.

En effet il exprime sans honte cette faim que tous les autres voyageurs ressentent, et son : cote simple, qui contraste avec l’attitude hautaine des autres bourgeois, l’amene a accepter la : nourriture et le rhum que les autres dedaignent. : Maupassant insiste sur sa bassesse morale. Meme ses amis le considere comme un « fripon : madre ». Le vin qu’il vend est plusieurs fois qualifie de mediocre. Il n’a aucun scrupule : patriotique, et compte bien exiger au Havre le paiement, par l’armee francaise, de l’infame : piquette qu’il lui a vendue. : Il se montre particulierement bas lorsque, bouillant de rage et d’impatience devant le refus de Boule de Suif, il propose aux voyageurs de la livrer « pieds et poings lies » a l’officier prussien. : La ruse et la malhonnetete font a ce point partie de son caractere qu’il ne peut s’empecher de : tricher aux cartes avec la complicite de son epouse. : : : Portrait morale de Mme Loiseau : Sa femme est d’un caractere aussi meprisable que lui, bien : qu’elle soit differente. Si M. Loiseau est, dans ses meilleurs moments, bon vivant et convivial, : Mme Loiseau est dure et seche. Son « ame de gendarme » (p. 32) ne comporte pas un atome de : generosite ni d’humour. On le voit bien quand son mari, par plaisanterie, dit aux voyageurs, que sa faim est telle qu’il paierait cent francs pour un simple jambonneau. Mme Loiseau a un geste : de depit car elle est tellement avare qu’elle ne comprend les blagues au sujet de l’argent. Sur un : point, elle lui ressemble : elle est aussi peu scrupuleuse que son epoux, et s’entend tres bien avec : lui pour tricher aux cartes (p. 29). : : : Portrait physique des Loiseau : La difference de caractere entre ces deux epoux se reflete dans : leur physique : alors que Loiseau est petit, gras et rougeaud, sa femme est grande et tout son : corps n’est qu’une « dure carcasse » (p. 26). : :

Role : Les Loiseau participent a la « conspiration » pour faire capituler Boule de Suif. : : : Les Carre-Lamandon : : Identite et portrait morale : M. Carre-Lamandon : Plus riche que les loiseau, les : Carre-Lamandon sont aussi, comme dit Maupassant, d’une « caste superieure ». Ce sont de « : vrais » bourgeois, avec toute l’education et la tenue que ce statut implique. Mais la encore, ce : n’est qu’une apparence. : Industriel normand, riche et respecte, M. Lamandon-Carre est un homme qui vit constamment : dans l’hypocrisie. Durant le regime imperial, il a fait figure d’opposant politique, mais, comme nous le dit Maupassant, c’est uniquement pour se faire « payer plus cher son ralliement » (p. 14). : Il n’a donc pas de veritables et honnetes convictions politiques. Son seul interet est l’argent et le : prestiges social. : Cette absence de convictions entraine chez lui de flagrantes contradictions internes. Si, d’une : part, il admire le panache militaire, ce grand commercant deplore, d’autre part, que l’arme coute : aussi cher a l’Etat, et emplois de maniere « improductive » quantite de bras que l’on pourrait : utiliser pour « de grands travaux industriels » (p. 25). A travers lui, Maupassant critique l’ambiguite ideologique de la grande bourgeoisie marchande. : Mme Carre-Lamandon : L’auteur decrit Mme Carre-Lamadon comme jeune et jolie. Elle : montre beaucoup de dedain a l’egard de Boule de Suif mais elle n’est guere plus vertueuse que : la prostituee. En effet, la « jolie Mme Carre-Lamandon » est « la consolation des officiers de : bonnes familles envoyes a Rouen en garnison »(p. 15). Cette phrase en dit long. Elle trompe : probablement son mari, qu’elle n’a sans doute epouse que pour son argent, avec des hommes : plus jeunes que lui. En plus, sa faiblesse pour les jeunes officiers est confirmee quand elle dit que l’officier prussien lui parait « pas mal du tout » (p. 32), et c’est la de sa part un jugement de « : connaisseur ». Malgre sa facade de respectabilite bourgeoise, elle est aussi legere, sinon plus, : que Boule de Suif. : : :

Role : Ils representent la bourgeoisie commercante. Ils participent a la debauche de Boule de : Suif. : : : Les Breville : : Identite : Apres la petite puis la grande bourgeoisie, Maupassant nous presente, avec le comte et : la comtesse de Breville, le plus haut niveau social, celui de l’aristocratie. : : : Portrait morale du comte : Ces nobles sont aussi hypocrite et lache que les bourgeois.

Malgre sa : noblesse, M. de Breville n’a pas de courage et d’honneur. Maupassant nous le presente comme : un « diplomate », il est issu de « trois generations d’ambassadeurs » (p. 52). Ce trait, qui n’est : pas negatif en soi, equivaut, chez le comte, a une attitude lache et soumise. Loin d’approuver le : courage de Boule de Suif, il encourage celle-ci a ceder au prussien car « il ne faut jamais resister : au plus forts » (p. 23). Cette lachete erigee en philosophie est d’autant plus meprisable que le : comte se vante d’etre un descendant de Henri IV, a qui il s’efforce meme de ressembler : physiquement.

Mais la seul marque de superiorite que possede le comte est le controle qu’il a : de lui-meme, et de son esprit d’initiative. C’est lui qui s’impose naturellement comme la tete de : la « conspiration » destinee a faire flechir Boule de Suif. Il possede egalement l’art de la parole, : que ce soit pour parler a l’officier prussien, a ses compagnons ou a Boule de Suif, il sait toujours : employer les mots et le ton adapte a la situation. Mais il n’est qu’un homme de discours. Chez : lui, la noblesse n’est que forme et apparence. : : : Portrait morale de la comtesse : La comtesse excelle aussi dans l’art de paraitre.

Elle a « grand : air », comme le precise Maupassant, ce qui lui a permis, bien qu’elle soit noble de naissance, : d’etre acceptee par l’aristocratie normande. Vis-a-vis de Boule de Suif, elle sait se montrer : aimable, mais cette attitude trahit avant tout de la condescendance et un enorme complexe de : superiorite. : Comme le comte, elle a le sens de l’initiative, et c’est elle qui a l’idee d’utiliser des arguments : tires de la religion pour faire ceder Boule de Suif. Tres ruse, elle amene la religieuse a dire que : Dieu serait tout dispose, vu les circonstances, a pardonner a Boule de Suif son « peche ». Cette grande dame, comme les autres, finit par s’amuser « comme une folle » des plaisanterie : obscenes de Loiseau, lors du diner final (p. 38). : : :

Role : Ils representent l’aristocratie et il participe aussi a la debauche de Boule de Suif. : : :

Conclusion : : Ces couples qui representent la « bonne » societe apparait bien moins respectueux que Boule de : Suif qui est une prostituee. Ils sont hypocrites, laches, insolents, egoiste et denues d’honneur et : de vrai patriotisme. Cela montre que leurs valeurs ne sont qu’une apparence car ils sont en : realite meprisable. Il y inversement des valeurs dans cette nouvelle. d)Les deux religieuses : : A travers les deux religieuses, Maupassant fait une caricature de l’hypocrisie et de la devotion a : la religion. Il devait mettre des personnages du clerge dans la nouvelle car la religion officielle set : de base ideologique et de justification a la domination des classes superieures qui sont : representer par les trois couples. C’est la « bonne » societe qui a « de la Religion et des : Principes » (p. 15). : La plus agee des religieuse est presentee comme tres masculine, alors que la plus jeune, sa « : chere s? ur Saint-Nicephore » est « mignonne » (p. 5) et fragile, d’un aspect maladif. Elles : forment donc presque un couple. Elles ressemblent a des automates et semblent deshumanisees : lorsqu’elles recitent leur priere. Elles ont des reflexes d’esclaves : lorsque le prussien fait : descendre les voyageurs de la diligence, elles descendent en premiere, en « saintes filles habituee : a toutes les soumissions » (p. 22). La plus agees des deux est tres masculine car elle a passe sa : vie dans l’armee a soignant les blesses sur le champ de bataille. C’est « une vraie bonne s? ur : Ran-tan-plan » (p. 36), elle a une ame de soldat. C’est elle qui acheve de vaincre la resistance de Boule de Suif en affirmant qu’un peche est vite : pardonne s’il est accompli pour des motifs louables. Sa philosophie morale est tres habile. :

e)L’officier prussien : : L’officier est un symbole de la « goujaterie naturelle du militaire victorieux » (p. 29). Toute son : attitude est caracterisee par la tyrannie arbitraire. Il ne prend meme pas la peine d’expliquer son : refus : « che ne feux pas…foila tout » (p. 29). Maupassant fait de lui une caricature impitoyable. : Il imite son accent allemand. Physiquement, l’officier est ridiculement guindee, il est serre dans son uniforme « comme une fille dans son corset » et sa moustache est « demesuree » comme : son arrogance (p. 22). : f)Les aubergistes : : Le couple de Follenville, qui sont les aubergistes de Totes, sont la caricature des petits : bourgeois issus du peuple, sans grande education comme les Loiseau. D’ailleurs Loiseau : sympathise avec eux. Mais ils sont plus sympathiques que les Loiseau car ils n’ont pas de : pretentions. Le « bon sens » paysan de Mme Follenville, lorsqu’elle confie aux voyageurs son : opinion sur la guerre et l’armee prussienne, impressionne M. Carre-Lamandon. Il se peut que Maupassant exprime son propre point de vue a travers elle. : En revanche, le gros Follenville est assez lache et la franchise avec laquelle sa femme parle a des : etrangers l’inquiete. Il lui conseille a plusieurs reprises de se taire. D’autre part, il joue le role du : messager de l’officier prussien quand il demande a Boule de Suif de la part de celui-ci si elle : veut bien ceder a son chantage. Cela le rend passivement complice du vainqueur tyrannique. Il : ne se preoccupe pas du malheur de la France et de l’infortune de Boule de Suif, tout ce qui : l’interesse, c’est de preserver son auberge et ses interets personnels.

A cet egard, il appartient : bien a la meme categorie que Loiseau, Carre-Lamandon et Breville. :

g)Les autres personnages : : Il y a les soldats, le cocher et le bedeau de Totes. : Maupassant ne se prive pas de critiquer les soldats de l’armee francaise peu glorieuse. Malgre : leur defaite, il sont toujours orgueilleux. Un an plutot, ils se montraient aussi arrogant que les : prussiens vis-a-vis des Rouennais. Les officiers sont des « fanfarons ». Quand eux simples : soldats, ils ont des « airs de bandits » (p. 9) et sont des « pillards debauches » qui font plus peur : a leurs propres officiers qu’a l’ennemi.

Ils sont incompetents sur le plan militaire. : Par contraste, les Prussiens ont l’apparence d’une armee puissante et disciplinee, mais ces : qualites les deshumanisent. Ils ne sont pas des individus, mais une simple « masse noire » et des : « flots envahisseurs » (p. 10). : Le cocher est un personnage passif qui obeit sans poser de questions lorsqu’on l’interdit de : repartir de Totes : Le bedeau est decrit ironiquement comme les deux religieuses par Maupassant. Cela prouve : l’antipathie de Maupassant pour l’Eglise Ce « vieux rat d’eglise » admire sans reserves les : soldats allemandes. (p. 27).

Il utilise le meme argument que Mme Follenville : « ce sont les : grands qui font la guerre » (p. 27). A ses yeux, les soldats ennemis sont des victimes de leurs : dirigeants, autant que les Francais occupes. Cette attitude conciliante vient de sa betise et de sa : lachete. : : : 5. Les themes principaux : : Les themes principaux sont l’argent, la nourriture, la guerre, le realisme, l’argumentation et : l’hypocrisie. :

a) L’argent : : L’argent joue un role capital dans cette nouvelle car c’est une satire des classes superieures de : la societe. Quoique tres differents par leur education et leurs opinions politiques, Loiseau, Carre-Lamandon et Breville sont unis par l’argent. : L’argent les rend « freres », meme s’il n’y a aucune fraternite entre eux. Ces trois homme unis : par « un instinct conservateur », constituent une alliance anormal, car pendant la revolution : (environ 80 ans plus tot), ils auraient ete ennemis. En effet, le comte represente l’aristocratie et : les deux autres la bourgeoisie commercante. : Maupassant prouve que les idees et les valeurs de chaque classe sont secondaires par rapport a : la fortune, qui est la seule veritable distinction des individus. Ils appartiennent tous les trois a « la grande franc-maconnerie de ceux qui possedent » (p. 17). Leur richesse proviennent de sources : differentes. Loiseau s’est enrichi par le commerce, Carre-Lamandon par l’industrie, et le comte : par heritage. : Maupassant nous presente des attitudes differentes par rapport a l’argent. Cornudet est le plus : genereux, il a depense son argent pour ses amis republicains. A l’oppose, Mme Loiseau est : d’une extreme avarice, et ne supporte meme pas que l’on plaisante de l’argent. Son mari est : plus genereux car c’est lui qui offre le champagne lorsque les voyageurs celebrent la capitulation de Boule de Suif (p. 37). Entre ces deux extremes, M. Carre-Lamandon donne l’image d’un : gestionnaire prudent comme il convient a un homme d’affaire respectable. Il a constitue un : capital au cas ou la guerre l’oblige a se refugier en Angleterre. : Conclusion : Maupassant presente la bourgeoisie normande comme tres lache et tres avare. « : Emascules par le commerce » (p. 10), les Rouennais n’osent refuser de payer le tribut de guerre : qu’exigent les prussiens. Mais plus ils sont riches, plus ils souffrent de voir leur argent passer : entre les mains des vainqueurs. :

b) La nourriture : Les repas sont importants dans Boule de Suif parce qu’ils rythment le temps de l’histoire et : parce qu’ils constituent le lien social entre les personnages. : : : La nourriture comme un lien social : Ce sont en effet les repas qui permettent aux voyageurs de communiquer. Pendant le voyage en : diligence, c’est la faim qui pousse les voyageurs a parler de nourriture. Plus tard, quand Boule : de Suif partage ses provisions avec eux, ils se sentent obliger de lui parler, malgre le mepris : qu’ils eprouvent pour elle. Maupassant insiste beaucoup sur ce 1er repas en diligence pour installer un contraste frappant avec le repas final ou les voyageurs tres ingrats degustent leurs : repas froids, sans en offrir a la malheureuse Boule de Suif, qui a oublie d’emmener des : provisions. : A l’auberge, c’est au cours des repas, que les voyageurs argumentent pour pousser Boule de : Suif a ceder au caprice du prussien. Les repas en commun forment un ideal pour leur entreprise, : ils parlent autour de la table sans s’adresser a Boule de Suif en particulier. Cette technique est : tres efficace car elle permet d’influencer la courtisane sans pour autant la heurter de front. : : Boule de Suif compare a de la nourriture : Symboliquement, Boule de Suif est de la nourriture car elle est compare a un objet a : consommer quand ils la livrent « en pature » a l’officier. Le narrateur compare son corps a : divers produits cosmetiques. Elle est « grasse a lard » et « appetissante ». Ses doigts sont pareils : a « de courtes saucisses ». Sa figure ressemble a « une pomme rouge »(p. 16). La metaphore de : Boule de Suif comparee a de la nourriture est confirmee par l’une des plaisanteries de Loiseau : qui propose de manger de « manger le plus gras des voyageurs ». Ces comparaisons enlevent toute dignite a cette victime, que l’on traite comme un objet a consommer. :

c) La guerre : : Maupassant consacre les premieres pages de son recit a une description tres realiste de la : guerre. : Au niveau metaphorique, toute la « conspiration » des voyageurs pour amener Boule de Suif a : ceder au desir du prussien est comparee a un combat militaire. On le voit bien dans ce passages : : : « Chacun convint du role qu’il jouerait, des arguments dont il s’appuierait, des man? uvres qu’il : devrait executer. On regla le plan des attaques, les ruses a employer, et les surprises de l’assaut pour forcer cette citadelle vivante a recevoir l’ennemi dans la place (p. 33) : Cette metaphore est continue jusqu’a la capitulation de cette « citadelle vivante » qu’est Boule : de Suif. Les arguments de la religieuse font « breche » (p. 35) dans sa resistance. Cette : resistance est comparee au rempart d’une forteresse qui s’effondre sous les coups de l’ennemi. : Cette metaphore de la guerre est ironique car ces laches, qui s’abaissent devant l’ennemi en : realite, deviennent des stratagemes quand il s’agit de s’attaquer a plusieurs a Boule de Suif qui : est une malheureuse isolee. Enfin le « viol » de Boule de Suif est un symbole du « viol » de la France par les prussiens. Ce : mot parait peut-etre exagerer car Boule de Suif se rend d’elle meme mais c’est a cause de la : violence morale qu’elle subit. On voit bien qu’a la fin, Boule de Suif offre l’image d’une femme : violee car elle est « troublee, honteuse » et se sent «souillee par les baisers de ce Prussien » : (p. 39). : : :

d) Le realisme : : Boule de Suif est une nouvelle realiste car l’histoire est situee dans l’Histoire ( la guerre de : 1870) et le cadre geographique est fidele. Ce n’est pas un hasard si Maupassant a choisi la Normandie parce sue c’est sa region natale qu’il connait tres bien et toutes les localites citees : (Rouen, Dieppe, Totes) pourraient tres bien constituer, en realite, les etapes d’un voyage en : diligence. : Rien dans cette nouvelle n’est invraisemblable ou irrationnel. Les evenements s’y deroulent dans : un ordre logique et les actions de chaque personnage y sont justifiees par des mobiles precis et : intelligibles. Par exemple, nous savons pourquoi les voyageurs ont quitte Rouen. Boule de Suif : fuit pour sa surete car elle a agresse un militaire prussien et elle risque donc de se faire arreter. Ce detail explique peut-etre pourquoi c’est a elle que l’officier prussien demande les faveurs. : Quand il a verifie l’identite des voyageurs, il a su qu’elle s’appelait Elisabeth Rousset comme la : femme que recherchent ses compatriotes a Rouen. Il sait que Boule de Suif risque de recevoir : une punition severe et conclut que la peur l’amenera a se donner a lui. En plus, il sait peut-etre : que c’est une femme galante. Ainsi les causes de la conduite du prussien sont expliquees. : Il y a de nombreuses descriptions. Les personnages et les lieux sont decrits en detail. Les individus sont definis par rapport a leur milieu social, leur profession et leur place dans la societe. : Chaque personnage represente un echantillon d’un type social. : : :

e) L’argumentation : : Les voyageurs argumentent pour pousser Boule de Suif a capituler. Ils vont utiliser quatre : strategies : la flatterie, les exemples heroiques, l’argument religieux et de la charite. : C. Conclusion : : Dans cette nouvelle realiste, Maupassant a une vision pessimiste de la societe. Il denonce la : bassesse de la « bonne » societe qui est egoiste, lache, hypocrite et sans honneur et sans aucun sens patriotique. La crise qu’ils viennent de subir n’a pas change leur caractere. Quand a Boule : de Suif, elle est toujours aussi exclue et meprisee a la fin qu’elle l’etait au debut malgre son : sacrifice. Cela montre que le niveau social ne fait pas la valeur morale. Boule de Suif apparait : bien plus respectable que la societe dite « honnete ». Nous voyons bien que Maupassant est : pour Boule de Suif et qu’il cherche a nous faire ressentir la compassion pour cette marginale qui : est pathetique. Cette nouvelle ressemble a La Folle.

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